perdu d'avance
20 juillet 2006
  on fait ce qu'on peut
quelle misère.
après avoir expérimenté les joies du football au boulot (ou plutôt de ses conséquences (gens qui font la gueule et gens irritables et gens qui bossent mal et gens qui râlent)), je commence à subir et à comprendre l'enfer du travail à la chaîne.
arriver tous les matins avec la même motivation naïve et se dire que, finalement, on connait déjà exactement le déroulement de sa journée.
boire son café.
bosser.
fumer sa clope.
bosser.
se faire chier.
bosser.
se faire extrêmement chier.
bosser.
fumer sa clope.
bosser.
ne plus en pouvoir.
se barrer.
mais en même temps, donnez aux gens un travail simple, avec des collègues et un brin de (fausse) responsabilité ("allez, tu vas être responsable de ces 6 mètres carrés !") et ils seront aux anges.
mais après ça, il y a vraiment de quoi trouver tout un peu fade.
je me fais chier, je me plains et ça me fais chier de me plaindre.
 
10 juillet 2006
  comme spirou
j'ai tout le temps l'impression d'avoir un chapeau sur la tête
il y a la sensation de sa présence
sa marque imaginaire qui persiste
et au boulot
à chaque fois que je passe devant ce miroir

je me dis que j'ai vraiment l'air d'une icône gay
avec cette pauvre toque de cuisto en carton
sur la tête
 
09 juillet 2006
  opportunisme prémédité
en fin de compte, je m'y attendais.
c'était le genre de soirée que messieurs et mesdemoiselles gentils punks font sur la plage parce que papa et maman ne veulent pas prêter la maison familiaile. n'empêche qu'une fête sur la plage, ça reste génial. n'empêche que je me suis quand même fait chier. au début du moins.
j'ai passé tout mon début de soirée à me battre pour garder ma bouteille de martini à peu près entière, que je me suis finalement résolu à boire assez vite. mon seul contact dans soirée étant parti assez tôt, j'ai passé le reste de la nuit à virevolter de groupes en groupes, complètement saoûl. pour moi, le tout à dû se résumer à squatter des clopes, squatter des bières et squatter une guitare sèche de temps en temps, pour tenter pathétiquement de jouer du dire straits (avec les doigts insensibles et la tête qui blance arythmiquement et on se rend compte qu'on jouait quand on s'arrête de jouer, sans qu'on en ait eu réellement conscience, complètement absorbé par les vibrations de la caisse de résonnance sur son ventre). j'ai même essayé de jouer du tryo pour créer un mini mouvement, mais je ne me souviens plus si les gens ont chanté ou pas. moi oui. ou pas.
et c'est d'ailleurs à ce moment-là que j'ai commencé à rigoler avec quelques gens et partir avec eux explorer les recoins de la plage. j'ai même réussi à squatter deux ou trois pétards pour affirmer définitivement mon statut de parasite fini.

j'aime les fêtes sur la plage. ou plutôt, j'aime les lendemains de fête de sur la plage. quand le soleil commence à poindre sur l'horizon des terres et que les dernières volutes euphoriques d'alcool se dissipent, on se rend vraiment compte de se qui ce passe : on est bourré et on regarde le soleil se lever. on est peut-être le seul mec bourré qui regarde le soleil se lever sur la plage à des kilomètres à la ronde. alors on fume une dernière roulée (qu'on roule généralement très mal) et va caler dans sa saxo pour baver sur son avant-bras, avec la meilleure vue, face à l'océan orange.

tristement, ça m'a beaucoup fait de bien de faire la fête juste pour faire la fête. cette sensation d'osmose et d'empathie totales qui m'a saisi avant-hier soir, après une certaine quantité d'alcool ingérée, j'avais presque cru que je ne la retrouverai jamais. discuter avec des gens tous aussi bourrés les uns que les autres, à voix haute. changer de ton d'une seconde à l'autre. rigoler sans raison. trouver qu'on discute de choses quand même absolument dingues. sympathiser avec tout le monde.
se faire les meilleurs amis du monde, d'un soir.

 
07 juillet 2006
  opportunisme


génial, une fête chez les analphabètes ce soir.
mais bon, j'ai besoin de boire avec des gens.
 
06 juillet 2006
  l'ange qui fume
aujourd'hui, j'ai rencontré un ange.

dans la salle de pause fumeurs.

moi : ça te dérange si je te prends une cigarette ?
elle, tirant sur sa phillip mo : non, va y.
elle : tu bosses où ?
moi : boulangerie.
elle : ouille
(charmant sourire, on dirait qu'elle s'excuse).
moi : boulot de machine, boulot de con
(soupir désinvolte).
moi : et toi ?
elle : aux fruits et légume, à l'étiquetage, hihi.

[elle décroise et recroise les jambes. petite discussion à la con, puis :]

elle : bon, j'y vais. je bosse tous les après-midi, et toi ?
moi : la même chose.
elle : chouette, on se recroisera alors.
moi : ouais, je pourrai te payer plein de clopes comme ça (rire à la con).
elle : (ce putain de sourire, puis) allez, salut.
moi : salut.


MAIS MERDE.
 
05 juillet 2006
  une question de volonté
parfois (souvent), je fais des trucs vraiment cons. comme par exemple quitter rennes pour aller vivre un mois dans un trou paumé. et voilà que je me retrouve à vivre aux heures de papa et maman, avec un boulot de merde. mais attention, un VRAI boulot de merde. empiler des baguettes surgelées dans une salle de décongelations pendant 7 heures par jour ne m'a jamais donné des érections, malgré l'évident motif phallique des coupables. voilà donc que je me retrouve tous les soirs dans cette boulangerie industrielle merdique de grande surface merdique, avec les mains tellement insensibilisées par les pains gelés, que je trimbale sans cesse, que je n'en sens même plus mon gobelet de café brûlant.
ça va faire dix jours que je n'ai pas pris une seule cuite, pas tiré sur un seul joint, pas picoré un seul cacheton. c'est limite si je ne fume plus la clope. ah !, sauf aujourd'hui, dans la salle de pause fumeur (que je fréquente juste pour regarder la fumée voler). quand le gros dédé (le pro du manitou) est arrivé avec ses gros cheveux gras tous collés sur son gros front. je n'ai pas pu résisté à lui demander des clopes. des elixir ? hum, merde. jusqu'à quel point est-ce que j'ai envie de fumer ? je peux en prendre plusieurs si je veux ?? ho ! jusqu'à quel PUTAIN de point j'ai envie de fumer ? et évidemment, ça a été la fête à mes poumons. deux elixir en dix minutes. bravo. belle volonté.
non, sans rire, j'ai une grosse envie de me coller minable un de ces quatre. enfin, merde, ça fait une semaine que je me lave les cheveux, que j'ai plus la pâteuse, que je change de jean's tous les deux jours. je veux rester dans le coton un mois entier, comme avant, et sècher mon job, et aller dans des bars tous les soirs. hum, du calme. ça ne fait que dix petits jours. encore 44 autres jours, aussi petits que ceux-là. aussi petits...

 
04 juillet 2006
 
la vie
est une lutte
permanente contre
l'oxydation, disent les
biologistes. et il n'ont pas tort.
je rouille. je rouille comme un vieux
clou qu'on a planté dans une belle pièce
de bois massif, avec la meilleure attention
du monde. mais le bois est vermoulu, et le clou
part en morceaux de métal friable. et ça me fend
le coeur de savoir pertinemment, qu'un jour, ce clou
partira en poussière et qu'on le changera par une pointe
flambante neuve pour que cette planche pourrissante suibsiste
à jamais,
coûte que coûte.

 
seb dot tho at gmail dot com


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